Les majorettes, elles, savent parler d’amour, François Szabowski

Les majorettes, elles, savent parler d’amour
François Szabowski
Aux Forges de Vulcain 2011
264 pages
 
Quatrième de couverture : « Christiane avait monté quelques marches, mais très vite avait sombré dans l’abattement. Et si Nathalie ne voulait pas sortir ? Si elle refusait ? Christiane avait fermé les yeux et s’était recroquevillée lentement contre le mur. Elle ne sortirait pas. Elle refuserait de sortir. Le repas, les retrouvailles, tout ça, tout était foutu. Il allait falloir sauver la face, on en était là. Trouver une raison, expliquer cette absence aux invités sans qu’ils se doutent de rien. Dire qu’elle était tombée malade ? Paul-Marie s’empresserait d’aller l’ausculter, et il faudrait alors inventer une autre histoire pour expliquer pourquoi la porte était fermée. Dire qu’elle n’était pas là ? Qu’elle était morte ? Oui, peut-être. »
 
Mon avis : L’action de ce roman se déroule dans un laps de temps très court : une soirée. Au cœur d’une réunion familiale où l’hypocrisie et le sarcasme sont maîtres, chacun essaie de paraître au mieux de sa personne, tout en ayant beaucoup de mal à cacher tout ce qu’il reproche aux autres. Le sentiment qui domine la scène est donc clairement la rancœur.

Nous passons de l’esprit d’un personnage à celui d’un autre et chacun exprime tout ce qu’il n’ose pas dire à haute voix. Certains réinventent même ce qui se passe sous leurs yeux et c’est parfois difficile de suivre ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. Il y a beaucoup d’humour dans ce livre, mais c’est souvent un humour noir et grinçant plus que vraiment drôle. On est régulièrement un peu surpris, voire gêné, de découvrir ce que certains personnages pensent, comme quand la mère réfléchit à la façon de faire passer l’absence de sa fille le mieux possible et décide finalement que de dire qu’elle est morte est la meilleure solution.

J’ai eu un peu de mal à vraiment me plonger dans ce livre. Le passage d’un protagoniste à l’autre sans arrêt et sans préambule est très difficile à suivre, surtout qu’on ne nous présente pas le personnage dont nous sommes en train de suivre les pensées. Le texte est formulé à la première personne et nous n’avons donc pas le prénom. Il faut souvent lire quelques lignes avant de comprendre qui « parle ». Pour les dialogues, c’est souvent plus simple, car le contexte aide, mais j’ai aussi parfois hésité entre les différents interlocuteurs.

Contrairement à la plupart des romans, les personnages ne sont donc pas présentés de manière directe Là, ce sont les autres protagonistes qui nous tissent le portrait des membres de leur famille au fil de leurs pensées. Ce n’est donc pas évident non plus de s’attacher à eux ou même simplement d’imaginer la scène dans sa tête.

Ce point de vue presque exclusivement interne a quand-même le mérite de nous plonger au cœur de l’action, et c’est sans doute ce qui m’a le plus gênée dans ma lecture : le fait de me sentir peut-être trop concernée par les pensées de ces personnages, comme si je faisais moi aussi partie de la famille.

Enfin, j’ai eu l’impression que l’un des thèmes sous-jacents de ce livre était l’homophobie, car on nous parle régulièrement de faits divers où des homosexuels sont agressés ou tués, mais je n’ai pas tout à fait compris où l’auteur voulait en venir.

En résumé, je ne peux pas réellement dire avoir apprécié, ou plutôt avoir su apprécier cette lecture, malgré son originalité et son humour. Je trouve cela dommage car j’ai vraiment l’impression d’être passée à côté et cela me dérange.
 
Edit : J’avais oublié de préciser que la lecture de ce livre m’avait été permise grâce à un partenariat entre le forum Sanctuaire de la lecture et les éditions Aux Forges du Vulcain, qui ont accepté de m’en envoyer un exemplaire. Merci donc à tous les deux et désolée pour l’oubli.

(Première publication 01/10/2012)

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