Kinderzimmer de Valentine Goby

Kinderzimmer
Valentine Goby
Actes Sud Editions 2013 (format poche chez le même éditeur en 2015)
224 pages
20€ (7.80€ en poche)

Quatrième de couverture : En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout. Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Ma note : 4,5/5

Mon avis :  On a l’impression d’avoir déjà lu beaucoup de choses sur la Seconde Guerre Mondiale et camps de concentration (et il est très important de continuer à perpétuer cette mémoire) mais je n’avais jamais entendu parler de la grossesse et de la naissance dans un camp. C’est ce qui m’a interpellée et m’a donné envie de lire ce livre. Lors des témoignages que j’ai pu entendre à l’école, il s’était posé la question des règles féminines et la réponse de la femme qui nous racontait son histoire était que les règles s’arrêtaient assez rapidement. C’est d’ailleurs effectivement le cas dans ce livre pour toutes ces femmes, sauf pour celles qui sont déjà enceintes en arrivant, comme l’est Mila, le personnage principal de ce livre. Cela lui permettra d’ailleurs de pouvoir cacher sa grossesse durant un moment.

Il ne s’agit pas ici d’un témoignage mais d’un roman qui nous fait suivre une femme, Mila, enceinte lors de sa déportation et qui accouchera dans le camp. Contrairement à un témoignage, ici nous ne lisons pas le récit de quelqu’un qui raconte ce qui s’est passé ultérieurement, nous suivons Mila à son arrivée au camp et vivons son expérience à travers le prisme de son ignorance. Elle ne connaît rien au camp de concentration et ne sait d’ailleurs même pas qu’elle est dans un camp de concentration. L’auteur semble avoir vraiment voulu appuyer sur ce point. D’ailleurs, il y a beaucoup de mots allemands dans ce roman car Mila ne connaît pas forcément les termes français des lieux, des maladies, etc. qu’elle rencontre là-bas.
C’est un récit vraiment poignant. Le fait que ce soit un roman n’aide malheureusement pas à prendre du recul car si ce récit-là en est un, on sait qu’il y en a bien d’autres similaires qui n’en sont pas et que tout ce qui nous est raconté est fondé sur des faits réels. C’est la première fois que je lis quelque chose qui aborde le thème de l’accouchement et de la naissance dans un camp de concentration et, sans trop vous surprendre, c’est tout aussi atroce que tout ce qui se passe dans le camp, d’autant plus qu’il s’agit de nourrissons et donc d’êtres particulièrement faibles et sans défense. Par contre, pour Mila, cela devient bien évidemment sa raison de vivre et surtout d’y croire, croire à un « après ». 
Je ne mets pas la note maximum car j’ai parfois été un peu déroutée par l’écriture, notamment un certain manque de ponctuation qui m’obligeait parfois à relire plusieurs fois une phrase.
Conclusion : Un récit dramatique qui nous bouleverse, même s’il y a écrit « roman » sur la couverture, qui permet d’en apprendre encore un peu plus sur l’atrocité de ses camps et, par la même, de faire en sorte de ne jamais oublier.

Challenge des 170 idées : 
6 – Objet d’enfance
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