Où passe l’aiguille, Véronique Mougin

Où passe l’aiguille

Véronique Mougin

Flammarion, 31 janvier 2018

Du camp de concentration au sommet de la haute couture française, voici le voyage de Tomi, sa vie miraculeuse, déviée par l’histoire, sauvée par la beauté.

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« Sur la place d’appel, la direction du camp avait monté un gigantesque sapin décoré fallait voir comment, avec tout ce qu’il faut, les rubans rouges, les fils dorés, des tas de guirlandes illuminées. Juste à côté, on pendait les punis, les saboteurs, les mutins, les pauvres types qui avaient fauché des fringues. Je ne m’étonne plus de rien ici. C’est ce qui s’en va en premier après l’espoir, l’étonnement. »

Je tiens tout d’abord à remercier sincèrement l’auteure ainsi que les éditions Flammarion pour m’avoir proposé et fait parvenir ce roman. Je peux dire que mon année littéraire commence plutôt très bien avec cette première lecture coup de cœur. Ce n’était pourtant pas gagné car j’ai eu un peu de mal à accrocher aux premières pages du roman mais quand il m’a finalement embarquée, je n’ai plus su le lâcher.

On y suit le destin de Tomas Kiss, un jeune juif hongrois, qui va se trouver déporté dans un camp de concentration en 1944 et qui va s’en sortir d’une façon assez originale. Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman, c’est qu’on suit une personne avant, pendant et après sa déportation. Je ne dis pas « personnage » car l’auteure nous dit que Tomas est son propre cousin et que cette histoire nous raconte ce qui lui est réellement arrivé.

L’emprisonnement dans le camp de concentration n’est qu’un tiers voire peut-être un quart du livre. C’est un passage évidemment terrible du roman et on a beau avoir lu ou entendu de nombreux témoignages de survivants, ce n’est jamais facile de se replonger dans ces horreurs-là. Ce dont on entend un peu moins parler, en tout cas dans mon cas, c’est de la vie des personnes qui ont réussi à sortir de ces camps. Dans mon esprit, ils étaient sauvés. Ce livre m’a ouvert les yeux sur la réalité d’après les camps. Autant d’un point de vue matériel que humain, la plupart n’a sans doute jamais retrouvé sa vie d’avant.

La partie sur sa vie après sa déportation est, semble-t-il, la plus longue et l’auteure nous y fait voir les différentes façons qu’on eut les déportés ou les familles de déportés de se remettre de cette épreuve, ou plutôt d’essayer de (sur)vivre avec. On voit que chacun réagit différemment, que chacun tente de trouver son réconfort ou l’oubli comme il le peut.

Je ne veux pas tout vous raconter mais je vous incite fortement à lire ce témoignage romancé. Je n’en ai pas beaucoup parlé dans cette chronique mais la couture est bien évidemment le fil conducteur de ce livre, ce qu’il y avait avant, pendant et après le camp. J’ai trouvé que ce thème apportait un peu de profondeur dans cette histoire. Ici, les drames de la guerre auront sans doute fait un naître un génie créatif. A travers ce livre, on comprend que si les horreurs peuvent tuer, le beau peut peut-être sauver.

Bref, lisez-le !

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