Le Manifeste du bien-manger, Véronique Richez-Lerouge

Le Manifeste du bien-manger

Véronique Richez-Lerouge

Editions Erick Bonnier 2018

Bien manger n’est plus une farandole gastronomique. Tantôt remède, tantôt poison, l’alimentation entraîne légitimement un cortège de questionnements générant anxiété, culpabilité et communautarisme : quoi manger, où manger, comment manger ? Et aussi avec qui ?
Parés du masque de la vertu, les géants de l’agroalimentaire ont accaparé le territoire du mieux-manger, ils parlent de nutrition, naturalité, terroir, gommant ainsi le caractère industriel de leurs produits pauvres en nutriments. Alors que la gastronomie est portée au pinacle, aller au restaurant ou faire ses courses devient un casse-tête. Face à cette fiction culinaire hors-sol qui délaisse la qualité des aliments et ignore leur origine, une alliance de cuisiniers sous l’égide de Slow Food met les pieds dans le plat, elle milite pour une cuisine bonne, juste et propre, elle veut redonner du sens aux mots bon, goût, terroir, paysan… pour réveiller nos sens.
L’auteur fournit des clés de compréhension sur la signification profonde du bien-manger en conscience, où s’invitent à la table le partage, le savoir-être, le savoir-vivre, la curiosité, la connaissance, en hommage à Brillat-Savarin, pour qui l’assiette faisait tourner le monde.

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Actuellement, de plus en plus en d’études, documentaires et livres essaient de nous faire ouvrir les yeux sur notre alimentation et la façon dont on la produit. Grâce à ces documents, nous prenons conscience que notre façon de nous nourrir n’est pas viable que ce soit pour nous ou notre planète.

Dans ce manifeste, Véronique Richez-Lerouge dénonce ces dérives et notamment celle de notre terroir qui est en train de disparaître, en prenant principalement comme exemple la restauration en France. Elle regrette notamment l’uniformité et l’industrialisation que l’on retrouve dans nos assiettes de restaurant que ce soit en plein Paris ou dans un petit village de Corrèze. Elle revient également sur de nombreux scandales alimentaires comme la vache folle, par exemple, ou encore la viande de cheval retrouvée dans des lasagnes surgelées indiquant “viande de boeuf”. L’auteur exprime ici un gros ras-le-bol qu’elle n’est pas seule à ressentir et essaie surtout de nous faire prendre conscience qu’on perd le goût de la nourriture et des bonnes choses. Plus aucun élément de nos assiettes n’est réellement naturel et n’a le goût de ce qu’il devrait avoir. Le bio ne serait d’ailleurs pas non plus, selon elle, gage de qualité.

Bref, ce manifeste n’a pas pour vocation de nous donner des solutions, même si la fin du livre nous présente quelques restaurateurs qui essaient de faire les choses différemment dans leur propre restaurant. Il est plutôt là, je pense, pour créer une réelle prise de conscience chez le lecteur et peut-être justement essayer de s’informer davantage et de ne plus fermer les yeux sur le contenu de son assiette. Je dois avouer que les solutions des restaurateurs à la fin du livre me paraissent difficilement applicables au quotidien pour quelqu’un qui ne travaille pas dans le domaine de la cuisine et n’y consacre donc pas tout son temps (aller directement sur le port acheter son poisson tout juste sorti du bateau, dénicher le tout petit producteur qui récolte encore à la main, sans aucun pesticide et à partir de semences fertiles, etc.) mais il permet de ne pas rester dans l’ignorance et donne envie de se renseigner sur les alternatives qui existent proche de chez soi, ce qui est déjà un grand pas.

Ce livre ne prône pas le végétarisme ou tout autre régime alimentaire, uniquement le bien manger. Je le conseille donc à tous ceux qui sont intéressés par ce qu’ils ont dans leur assiette, d’autant qu’il se lit très rapidement.

Merci à Babelio et à l’éditeur de m’avoir fait parvenir ce livre.

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